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24.11.22

On entendait le ruisseau couler au fond du bois

 

" mais c'est quoi un ruisseau ?"
"un ruisseau, c'est de l'eau qui court en dévalant la colline"
" pourquoi elle court"
"pour ne pas être en retard à la rivière, sinon elle ne pourra voir la mer"

" mais c'est quoi, une rivière ?"
"une rivière, c'est de l'eau qui marche en rang dans la vallée.
parfois un ruisseau sort du rang pour aller regarder un gros caillou,
alors Madame de la Rivière le gronde pour qu'il revienne dans le rang"
" pourquoi ils doivent rester dans le rang?"
"parce que sinon, ils vont rater le fleuve, et il ne pourront pas voir la mer"

" mais c'est quoi, un fleuve ?"
"un fleuve, c'est de l'eau qui prend le bateau pour traverser la plaine.
C'est long. Il faut attendre pour passer sous le pont, il y a beaucoup de bateaux.
Il y a vraiment beaucoup d'eau. Les ruisseaux ne s'entendent plus couler.
Et c'est lent. Souvent, les ruisseaux se disent qu'ils iraient plus vite en descendant du fleuve,
Mais Madame de la rivière dit que ce n'est pas possible.
Et parfois, il faut s'arrêter à une écluse sur le fleuve 
parce qu'il y en a qui n'ont pas pris leur précautions avant de partir."
" et c'est tout ?"
"non. Quand le fleuve s'arrête, ils sont à la mer"

" mais c'est quoi, la mer ?"
"la mer, c'est l'eau qui joue sur la plage et qui peut aller aussi loin qu'elle veut
il y a vraiment _vraiment_ beaucoup d'eau. ça fait du bruit comme à la récréation.
On entend même plus Madame qui rouspète. On se bouscule.
Parfois, on ne voit plus trop la plage, alors on saute pour voir par-dessus les copains
et ceux de derrière sautent à leur tour. ça fait des vagues.
Puis la Lune vient emporter ceux qui sont fatigués faire la sieste dans l'océan
et ceux qui ne sont pas fatigués peuvent rester pour nager pendant que les enfants viennent à leur tour sur la plage."

" L'océan, c'est de l'eau qui dort ?"
"Oui. Elle se tourne et se retourne en dormant. ça fait de grosses vagues qui font peur aux bateaux. Puis l'océan fait des nuages, aussi, en dormant"
" Les nuages c'est de l'eau aussi ?"
"Les nuages, c'est de l'eau qui rêve.
Elle rêve qu'elle vole. Qu'elle peut vraiment aller partout
Retourner au-dessus des plaines, des vallées et des collines
Elle rêve qu'elle colle son nez au vitres des maisons pour voir comment c'est en dedans"

"Puis parfois, l'eau qui rêve attrape froid et elle se réveille en sursaut.
Elle pleut un peu, puis elle se rendort dans la terre qui lui tient bien chaud.
Et parfois même, elle se réveille dans son lit, comme si elle n'était encore jamais partie
Alors elle se prépare vite et elle dévale la colline en ruisseau pour ne pas être en retard à la rivière.
Sinon elle ne pourra pas aller voir la mer"

(plus tard...)

"oh regarde! la neige elle devient de l'eau!" 

"- oui, la neige, c'est de l'eau qui ne veut pas avoir froid. alors elle met son grand manteau blanc en étoiles pour aller jouer dehors avec les enfants" 

"Et elle n'oublie jamais son manteau ?" 

"- si parfois. ou elle le perd. Alors elle se serre très fort contre l'eau pour avoir moins froid et elle devient de la glace.

5.2.07

Sybella...

Lui saurait.

Il y a longtemps, disait-on, les fées vivaient encore dans ces bois. Elles pouvaient se laisser voir des hommes si elles le désiraient. Elles pouvaient vivre avec eux aussi, et porter leurs enfants, mais dès qu'une fée donnait le jour, elle perdait à jamais le contact avec le monde des humains: elle redevenait invisible à leurs yeux comme aux jours premiers.

Lui saurait lui dire si l'air de Leo était bien la chanson de Sybella.

Sybella, la fée qui avait choisit de s'unir à un homme avant que Pad où Syya n'ait quitté l'Arbre-Maison. Ils étaient encore tout jeunes quand elle avait fait ses adieux aux créatures du bois pour repartir sur la montagne des fées, le coeur déchiré pour une raison qu'ils ne comprenaient pas.

Lui saurait leur dire... Leo les voir, eux invisibles des humains. Pourrait-il aussi voir les fées ? Pourrait il revoir sa mère ?



4.2.07

Lumignon, Lumichette et lumitrouille


Pad ouvre la marche avec son lumignon, suivi de Syya avec sa lumichette et ploum, pas très à l'aise, les suit à la lueur de sa lumitrouille. Ils ont discuté longuement avec Leo cet après-midi là, intrigués qu'un humain puisse les voir autant que Leo était intrigué que de si curieux personnages puissent le comprendre et lui parler.

Ils lui ont dit les fleurs et les grenouilles, il leur a dit sa vie à la cabane, la mort de son père et ce qu'il savait de sa mère. Puis il a pris sa flûte et c'est mis à jouer un air d'une pureté cristalline, un air qu'il chantonnait déjà avant de savoir parler... "Une berceuse que ta mère chantait souvent quand tu grandissait dans son ventre", lui avait dit un jour son père. Et tandis qu'il reprenait le thème de départ, une lueur brillait dans les yeux de Syya: elle connaissait cette musique. Elle n'aurait pu dire d'où ni comment c'était possible, mais elle la connaissait, aussi sûrement que la nuit connait la lune.

Elle n'en dit rien à Leo quand ils se quittèrent tant la désillusion serait terrible pour lui si jamais elle se trompait. Ils prirent congé, et elle insista auprès de Pad et de Ploum pour qu'ils l'accompagnent jusque chez le Vieux Buisseux, l'ancien qui s'était retiré de l'Arbre-Maison et qu'on ne revoyait qu'aux concerts d'étoiles filantes.

Lui saurait.

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4.1.07

"C'est ce que prétendais Croâk"


"Qu'est-ce que cela ?" s'étonne Syya. "Cela ne ressemble ni aux grenouilles ni au merle moqueur! On dirait que cela vient de la clairière ... la clairière aux champignons"
"Oui" dit Pad qui lui faisait presser encore un peu plus le pas "C'est là que nous allons! Tu vas voir: c'est extraordinaire!"

"Un nouvel oiseau migrateur ?" demanda Syya.
"Pas du tout" Et Pad pris à nouveau cet air comploteur qui avait le dont de l'agacer.

Encore deux buissons. Syya ne se jamais sentie aussi curieuse. Mais en arrivant à la clairière, elle s'arrête net.

Un humain !? un petit bout d'humain qui souffle dans un roseau.

"Les humains savent faire de la musique?" murmure Syya.
"C'est ce que prétendais Croâk, mais je ne l'avais jamais cru" déclara Pad avant de bondir s'installer sur un des champignons, la tête entre les mains, se laissant porter par la mélodie claire de Leo. D'abord interdite, Syya se laisse rapidement prendre au rythme des trilles flûtées.

L'espace d'une respiration il sembla à Léo que les fleurs s'étaient rassemblée autour du cercle de champignon de la clairière et qu'elles dansaient, tournant et virevoltant comme de jeunes princesses dans la cour scintillante de leur premier bal.

Alors que le soleil approchait de son zénith, Léo posa sa flûte et plongea la main de sa besace, saisissant la pomme qui lui servirait de déjeuner. Il vagabondait dans ses pensées, portant la pomme à sa bouche quand, dans un cri de surprise plus que de douleur, il la jeta brusquement au milieu de la clairière...

la pomme l'avait mordu!

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18.12.06

Pad, Syya et Léo

Ils sont tous les trois dans le même conte, que j'avais écrit pour les veillées conte de la rue Pierreuse, le 7 de chaque mois, à Liège. Evidemment, c'est un blog, donc tout est à l'envers. à lire donc dans l'ordre:
Enfin, c'est dans cet ordre là que je le conte. Si vous le préférez dans un autre ordre, moi, j'y vois pas d'incovénient ^_^

Le prénom "Léo" est inspiré d'un superbe dessin de Made intitulé "Leo's World", que j'ai d'ailleurs remis sur mon fond d'écran...

Both Pad, Syya and Leo are character of the same tale that i've been telling at Liège for tales-telling evening last year. Since this is a blog, the story unfortunately reads upside-down, so above, you'll find the links in the order the story is supposed to be read. The name "Leo" comes from a picture of Made "Leo's world" which is back on my wallpaper.

Sorry, but i don't think they'll ever be a translation of the tale in English (not by me, at least). I don't master Shakespeare's language well enough to make such a tale fluent to read. I could probably barely read it if it was written by someone else.

15.12.06

Son baluchon sur l'épaule, ...




Son baluchon sur l'épaule, Léo ferme la porte de sa cabane et prend un court bain de soleil avant de se mettre en route pour la forêt. Depuis l'automne dernier, il habite seul dans la cabane de bûcheron de son père. Le pauvre homme est tombé d'un arbre un jour de grand vent et même le rebouteux n'a rien pu faire pour lui.

Sa mère, Léo ne l'a jamais connue. Son père lui a souvent raconté combien elle était belle et combien ils se réjouissaient tous deux de sa naissance, mais l'heureux évènement a fini par tourner au drame quand elle a disparu, ne laissant au pauvre homme que sa descendance et son chagrin. Entre la tourbe à sècher, les baies et les racines à cueillir, Léo n'a guère de temps pour flâner au village voisin, mais il ne s'en plaint pas. Depuis son enfance, la forêt exerce sur lui une véritable fascination et il passe le plus clair de son temps à l'abri des frondaisons bienveillantes. Chaque jour est une nouvelle exploration, une nouvelle découverte dans cet entrelacs de fougères, de joncs et de lianes. Et chaque jour, après son déjeuner, Léo sort la belle flûte en cuivre de son père et la fait briller comme le soleil avant de laisser la musique chasser de son esprit tous les tracas de la journée.

Souvent, lièvres et écureuils s'arrêtent alors que le merle imitateur lui donne la réplique. D'un coup d'oeil amusé, Léo les salue et referme les yeux, se replongeant dans sa mélodie. Hier, pourtant, alors qu'il s'était installé dans une large clairière qu'il venait de découvrir, au pied d'un large chène dont les racine abritaient une source pure, Léo entrouvre les yeux, mais ce n'est pas un lapin qui semble se dandiner au rythme de ses trilles: c'est un ... champignon ?

Le temps de se frotter les yeux pour s'assurer qu'il ne rêve pas, tout est à nouveau immobile et le merle s'est envolé. Mais aujourd'hui, Léo en aura le coeur net ...

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7.12.06

Elle, c'est Syya ...


Elle, c'est Syya. Tous les matins, elle aide les fleurs à se coiffer de leurs plus beaux pétales et à choisir la couleur de leur rouge-à-pistil. Elle berce les nouveaux boutons de l'Eglantier et passe des après-midi entière à danser avec les pâquerettes.

Malheureusement pour Pad, lui travaille surtout le soir, dès le tomber du jour alors que Syya se lève et se couche avec les fleurs. Nos deux lutins amoureux ne se voient pas souvent... Parfois, elle trouve une tache en forme de coeur sur un champignon de la clairière... Parfois, il l'écoute chanter avec les roseaux ou la regarde danser depuis la mare.

Depuis 3 jours déjà, il insiste pour qu'elle le rejoigne. Quelque-chose de tout à fait surprenant s'est produit, la semaine dernière, dans la grande clairière.

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28.11.06

Bien le bonjour Pad.


Le soleil vient de se lever sur la Forêt Bleue. Lentement, les premiers rayons chatouillent la cime des arbres, puis rampent le long des troncs rugueux jusqu'au tapis de mousse. Au pied du grand chêne, un rayon se pose sur un modeste champignon qui frémit, s'étire et bâille avant de se mettre en route.

Bien le bonjour, Pad.

Pad n'est pas vraiment un champignon, bien sûr: les champignons ne baillent pas. Non. Pad est un lutin. Un lutin des sous-bois. D'ordinaire il aime trainer sur son lit de mousse jusqu'à ce que le merle se mette à chanter, mais aujourd'hui est un jour un peu spécial. Il a passé toute la nuit à faire répéter les grenouilles pour le concert d'étoiles filantes qui doit avoir lieu dans trois jours. Cette fois, enfin, sous les coassements de joie des petites rainettes, le vieux crapaud a réussi son sol bémol.

Malgré celà, pad est en route de bonne heure. Après une rapide toilette à la rivière, il avance d'un pas décidé vers la clairière. Les amanites pourront bien attendre une heure ou deux avant qu'il ne repeigne leurs taches!

Ce matin, Pad a rendez-vous avec elle...

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